AMELIA ROSSELLI / LE CHINOIS A ROME (ECRITS FRANÇAIS) TRAD SU XIAOXIAO





carlos runcie tanaka






Les auberges ont fermé leurs clefs,
les murs internes sont roses, leurs pétales
se répètent en se croisant les mains
(Elle est devenue folle,
elle ne retrouve pas son époux
il est devenu mort)

(1954)


Los albergues han cerrado sus llaves,
las paredes internas son rosas, sus pétalos
se repiten cruzándose las manos
(Ella se ha vuelto loca,
no encuentra a su esposo
él se ha vuelto muerto)


*

Les couleurs les couleurs les voyelles les voyelles
je commence à pénétrer dans l’amas des choses, car
il y a aujourd’hui cette lumière électrique du soleil
laquelle met à nu chaque pensée de ma cervelle, et
de mon cœur dévoile même les nerfs devenus transparents
où l’horrible plaie se montre aisément.
D’où vient ce soleil qui resplendit dans mes oreilles
d’où vient cette folie qui se présente d’elle-même
souriante lointaine des antiques embarcations
loisive et pensive toujours sujette
à la mort qui la tient par les ailes. Car toujours
retourneras-tu au dépôt de tes sanglots
ta maison noire, les murs de ta prison.

(1956)


Los colores los colores las vocales las vocales
empiezo a penetrar en el montón de cosas, pues
hay hoy esta luz eléctrica del sol
que desnuda cada pensamiento de mi cerebro, y                                              
de mi corazón desvela incluso los nervios vueltos transparentes
donde la horrible herida se muestra fácilmente.
De dónde viene este sol que resplandece en mis orejas
de dónde viene esta locura que se presenta por sí misma
sonriente lejana de las embarcaciones antiguas
ociosa y pensativa siempre sujeta
a la muerte que la sostiene por las alas. Pues siempre
volverás al depósito de tus sollozos
tu casa negra, los muros de tu prisión.


*

Malheur malheur qui fais tes rimes sous un châle phtisique
tu m’as connue telle que je suis, lyrique
par brève poésie. Bien autre est cette réalité qui s’est
faite physique
crainte des instants lumineux entrecoupés
d’une plainte lubrique. Malheur malheur synonyme de la
peur
porte-moi au secours des sœurs de charité
Je suis un qui a seulement rêvé.

(1957)


Desdicha desdicha que haces tus rimas bajo un chal tísico
me has conocido como soy, lírica
por breve poesía. Bien distinta es esta realidad que se ha
hecho física
temor de los instantes luminosos entrecortados
por una queja lúbrica. Desdicha desdicha sinónimo del
miedo
llévame al socorro de las hermanas de la caridad.
Soy uno que solamente ha soñado.

(1957)

Je jouais des adieux cérébraux
je tourmentais mon pauvre cerveau
je pleurais d’amères larmes
tout cela pour une troupe de cerveaux
Ah si j’étais calme comme la mer
quand il fait frais et les palmes
s’ouvrent au faux vent que la terre
supporte mieux que la gamme
des couleurs violentes du soleil
qui me blesse quoique je dorme ou je veille

(1957)


Yo interpretaba adioses cerebrales
atormentaba a mi pobre cerebro
lloraba amargas lagrimas
todo esto por una tropa de cerebros
Ah si fuera tranquila como el mar
cuando hace frío y las palmas
se abren al falso viento que la tierra
soporta mejor que la gama
de colores violentos del sol
que me hiere aunque duerma o esté en vela


Amelia Rosselli, Le Chinois à Rome (écrits français), Ypsilon éditeur, 2015.


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